accueil À la recherche des gorilles de montagne

Le Nyiragongo, “celui qui fume”, un statovolcan aux éruptions effusives situé sur la faille due à l’écartement de 2 plaques tectoniques (vallée du grand rift est africain).

L’ascension du volcan ne présente pas de difficultés majeures si ce n’est un dénivelé de 1500 m à partir du poste de patrouille de Kibati (1994 m) à quelques kilomètres de Goma ; la crête de la caldeira du volcan culmine à 3470 m ; une ascension quasi droite sur un terrain constitué de la dernière coulée du volcan (2002), lave, grattons instables, moignons de roches et aspérités multiples…  un climat tropical avec une chaleur moite et des probabilités importantes de pluie ; le froid au sommet et des risques d’émanation de gaz toxiques qui exalent des fissures et du panache du volcan.

L’effort de l’ascension est récompensé par la vision offerte par la nature indomptée. On découvre un lac permanent de lave en fusion, tapi au plus profond de son puits colossal. Mue par une invisible respiration, la lave telle une peau élastique, noire, ondule lentement, se creuse, enfle, se déchire et laisse jaillir des fontaines de feu dans une chorégraphie aux accents incandescents.

Après l’ascension inoubliable du volcan Nyiragongo, nous sommes partis à la découverte d’une famille de gorilles dans le secteur du mont Mikeno à la station sud des gardes de Rumangabo dans le parc national des Virunga.

Les consignes à respecter pour l’approche des gorilles sont strictes et relèvent pour beaucoup du bon sens et de la sécurité. La règle fondamentale à suivre est d’obéir scrupuleusement au guide-ranger qui a su, au fil des visites, établir avec les gorilles, surtout avec le mâle dominant, le “dos argenté” une sorte de complicité et développer un langage d’apaisement, un son guttural sorte de « naoum naoum ».

Sur notre secteur, l’approche se fait à découvert pendant une demi-heure avant de pénétrer dans la forêt vierge. Le silence est alors demandé et le pisteur suit les traces laissées par les gorilles qui se déplacent en permanence.

Après la rencontre émouvante de nos plus proches cousins, les gorilles de montagne, nous sommes partis à la rencontre des pygmées d’Ouganda.

Passé le poste frontière Rwanda-Ouganda on pénètre dans la forêt d’Echuya.

Les pygmées que nous rencontrons sont regroupés dans un petit village, parmi d’autres populations, après avoir été chassés de la forêt avec interdiction de s’y réinstaller. Leur mode de vie est complétement bouleversé. De chasseurs cueilleurs, le gouvernement les force à devenir agriculteurs sur des terres qui leur ont été attribuées.

Le rapport à la forêt, leur habitat ancestral, est limité au ramassage de bois mort et à l’exploitation des bambous sous contrôle du gouvernement.

Une école est installée pour l’ensemble des enfants habitants sur le village.

Nous sommes accueillis avec une extrême gentillesse par le petit groupe de pygmées qui s’enorgueillit de nous faire visiter leurs maisons, de simples constructions carrées aux murs de terre et de bois.

Rencontre poignante avec les derniers représentants d’un peuple qui veut rester la tête haute et dont le souhait le plus fort nous ont-ils dit est que leurs enfants puissent aller à l’école pour participer à la construction de la nation.

De retour d’un périple en République démocratique du Congo, Jo Soulier, fidèle soutien de notre site, nous dresse un rapide  compte rendu de son voyage au pays des gorilles de montagne.

Entre descentes et montées abruptes, la marche, difficile, ne dure qu’une heure et demie dans la forêt car notre famille baptisée « Humba » était au repos. La famille que nous observons est composée de 10 individus : 2 dos argentés, 3 femelles, 2 juvéniles et 3 bébés.

Une forte odeur de transpiration laissée par le dos argenté et les craquements des branches des gorilles qui se nourrissent annoncent le groupe. Une sorte de fébrilité s’empare alors de nous et on avance en courbant le dos, instinctivement !

On doit alors mettre les masques pour éviter la transmission de virus tant de l’homme vers le gorille que du gorille vers l’homme.

L’Immersion au sein d’une famille de gorilles est un moment chargé d’émotion. Le dos argenté veille sur sa famille en cessant toute activité pour nous regarder d’un œil serein. Les mères jouent avec leurs enfants ou les épluchent avec attention. Les juvéniles n’arrêtent pas de faire des pitreries comme pour attirer notre attention.

Les pisteurs dégagent à la machette les branches qui nous cachent les gorilles et s’en approchent à moins d’un mètre en émettant le son guttural d’apaisement en réponse au dos argenté.

La durée d’observation est réglementée et n’excède pas une heure, mais nous avons eu une chance inouïe de rester pendant cette heure devant un groupe au repos. Une chance aussi d’avoir eu du beau temps car aux pays des gorilles de montagne c’est plutôt le froid et la pluie.

Les indigènes craignent depuis la nuit des temps le Nyiragongo, dans lequel ils voient le séjour des âmes où le feu entretient les esprits de leurs ancêtres. Selon leur légende ce volcan portait le nom d’une femme dont l’esprit hanterait à jamais les lieux.

Un spectacle d’une beauté incroyable, fascinante.

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